Tentez de remporter un séjour pour 2 à Chamonix en cliquant ici !

L’Alaska, l’attente d’un rêve
02.01.2019 - Adventure

L’Alaska, l’attente d’un rêve

ECRIT PAR FRANCOIS KERN, AMBASSADEUR DYNASTAR.

PHOTOS PAR JOCELYN CHAVY

 

Quand on fait du ski depuis tout petit, quand on passe ses étés à attendre la neige, et quand les vidéos des plus belles lignes d’Alaska sont une source d’inspiration de chaque jour, arrive un moment où aller skier là bas devient une obsession pour tout skieur européen. Reste à trouver le style de voyage qui sera le votre. En accord avec votre pratique, en accord avec vos envies, avec votre niveau, et avec votre banquier ! Pour nous, parce que notre style de voyage est celui-ci, et parce que nous aimons mettre un peu d’aventure dans notre quotidien, nous avons choisi le massif du Denali pour découvrir ces montagnes de rêve. Et le massif de Denali, le plus alpin des massifs de l’Alaska, le plus élevé en altitude, également le plus fréquenté, est aussi le plus rustique et il se fréquente en mode Bivy. Pas de lodge, pas de dépose hélico journalière, pas de chauffage, et pas de wi-fi…

Au printemps dernier, notre petite équipe de français est allé au Nord de l’Est du nouveau continent, l’Alaska ! Après 24 heures de voyage, quelques avions, un petit retard de bagages et une excitation toujours grandissante, nous nous sommes posés tout en douceur dans la Ruth Gorge, sur le secteur dit de la « West Fork ». Un petit îlot de glace, à 7900ft d’altitude, dominé par le très célèbre Mont Huntington. Bénéficiant d’une belle éclaircie après les 2ft de neige des jours précédents, nous avons commencé par poser notre camp. Habitués des conditions difficiles de ce type de terrain, et alertés de la perturbation météo qui arrivait, nous avons pris le temps de nous organiser au mieux, le regard attiré chaque minute par la face Nord du Mt Huntington qui crachait la neige récente en de sonores avalanches. Un Igloo, 2 tentes, et 5 heures plus tard, nous étions au chaud prêt à affronter la neige et à attendre la fenêtre propice à nos envies de ski.

"Patience. La patience est cette capacité à rester concentré sur un objectif. Cette faculté à garder l’envie intacte, la motivation infaillible, à maîtriser son attente."

Ce que nous découvrirons 2 semaines plus tard est que nous nous apprêtions à vivre depuis notre camp ce qui sera selon les habitants de Talkeetna la plus grosse tempête de neige depuis 10 ans. 12 ft de neige, soit environ 1 ft par jour, en 14 jours. De quoi s’occuper à déneiger. De quoi prendre son temps avant d’aller skier. Et surtout de quoi méditer sur le sens du mot « patience ».

Patience. La patience est cette capacité à rester concentré sur un objectif. Cette faculté à garder l’envie intacte, la motivation infaillible, à maitriser son attente. C’est une vertu, une qualité, une force parfois, même si poussée dans son extrême elle peut devenir un travers, de vertu devenir un vice, lorsqu’elle devient obsession, hantise ou chimère ! Elle trouve d’ailleurs plusieurs contraires, plusieurs ennemis et on compte parmi eux l’ennui ou la frustration. Ce sont ces deux là que notre tente nous a aidé à affronter, dans le confort et loin du froid et l’humidité. Finalement, avoir des bons skis, un entraînement de plusieurs mois, avoir le support de grands spécialistes de la météo ou encore des boots confortable, ce n’est pas grand chose face au confort d’un camp sec et chaud !

La frustration. Bien entendu nous sommes frustrés lorsque nous sommes face à nos objectifs sans pouvoir tenter de les atteindre. Lorsque nous avons traversé un pays, un continent, des océans, des saisons, pour un but précis, attendre devant lui est une épreuve. Comme le blessé qui regarde la neige tomber, tout est là devant nous, mais il faut attendre. Alors on attend. En français nous avons une expression qui dit « ronger son frein ». L’expression date du 12ème siècle pour parler du cheval qui, impatient, joue de ses dents sur son mors. La référence en dit long, on a tous envie de courir, de lâcher la bride, de tout donner. Mais on attend et parfois on s’ennuie.

"Mais on attend et parfois on s’ennuie."

L’ennui. Il faut s’occuper, les jambes et l’esprit. Bien entendu, avant tout il faut s’entendre parce que même si l’espace ne manque pas à l’extérieur, même si les tentes sont immenses et confortables, on reste ensemble chaque heure du jour et de la nuit. Pour s’occuper alors les idées ne manquent pas. Il y a tout d’abord les occupations du camp. Faire à manger, et donc fondre des litres de neige, pour boire aussi. Déneiger le camp. En ce qui nous concerne, les 30cm journaliers amplifiés par le vent nous donnaient à passer le temps. Il y a aussi les petits travaux de chaque jour pour nettoyer un réchaud, réparer un pantalon troué, modifier une chaussure douloureuse, soigner une ampoule, fabriquer une cuisine dans l’igloo.

Nous avions aussi nos activités de lecture. Au calme, chacun son livre, en ayant pris soin de prendre des ouvrages qui plaisent à tous, pour les échanger ensuite. Pour passer plus de temps, la lecture collective à voix haute apporte une variation, un plaisir différent. Et puis les livres audio, si tenté que les batteries tiennent le choc ! Et puis l’écriture, le dessin, les mots croisés, les sudoku, les mots fléchés, les cahiers de vacances pour les plus jeunes… Plus tard, avec plus de jours derrière nous, nous avons commencé à dessiner sur nos matelas, à inventer des jeux plus ou moins intelligents, à aller pelleter la neige pour rien… Certains groupes jouent de la musique, quelques voyageurs solitaire reconnaissent passer du temps à parler avec leur camera ou leur doudou qui deviennent des confidents. Une chose est sûre, parler devient un élément central. Le groupe se soude, les doutes, les joies, les peurs, les frustrations, les idées, tout se partage et ces échanges sont riches et précieux. Au final, en ce qui nous concerne, et tellement de voyageurs en ont fait l’expérience, le voyage apprend bien souvent la patience et force l’introspection. Pour nous, cette virée de skieur a surtout été une aventure de campeurs, mais nous en gardons tous de beaux souvenirs, et nous en sortons tous avec des capacités grandies, renforcés et mûris !

 

Alors si vous le pouvez, prenez le temps, voyagez, et mixez les deux.

DECOUVREZ LES SKIS DE FRANCOIS KERN : 

 

 

 

 

 

 

Skieur passionné, François cours après la neige et les beaux virages tout l'hiver. Dans les Alpes comme partout ailleurs dans le monde, il arpente les jolies pentes et les destinations originales, sur ses skis !

Suivez-le sur Instagram @francoiskern

 

 

 

 

 

Inépuisable, Rémi est de ceux qui vont toujours voir un peu plus loin que les autres. En hiver, c’est sur les skis qui explore son jardin, et lorsqu’il en a l’occasion, les jardins voisins ! Turquie, Iran, Maroc, Canada, Russie, Alaska… il n’est jamais à cours d’idées pour aller gouter de nouvelles neiges.

Suivez-le sur Instagram @remiloubet