-40°C
29.01.2019

-40°C

ECRIT PAR FRANCOIS KERN, AMBASSADEUR DYNASTAR.

 

Partis en Russie en 2016 pour explorer un massif encore inconnu des skieurs, nous étions naturellement tombés amoureux des forêts de Sibérie, de leurs habitants, et de leur neige. 3 ans plus tard, l’idée de retourner là-bas est restée, s’est inscrite comme une évidence et ayant trouvé une idée de voyage, une équipe, nous sommes repartis au pays des froids intenses, des plaines infinies, de la vodka glacée, et des forêts endormies. Cette fois, ambiance bien différente pour une équipe bien originale. Un blessé en convalescence, une grimpeuse énervée, un glaciériste frileux, une danseuse chamoniarde et un hyperactif en vacances. Une équipe avec un objectif clair, trouver de la poudre. Trouver de la poudre et voyager !

Sur l’idée d’un pote habitué du coin, nous avons dirigé notre petite expédition à proximité d’Irkoutsk, dans la vallée de Mamay. Avec le lac Baïkal juste 3km au Nord, et au Sud, Oulan-Bator, Hanoi, Singapour, Jakarta. Un grand pas vers l’Est. Atterris à Irkoutsk, il nous a fallu environ 15 secondes pour comprendre que nous étions bien arrivés à destination, -40°C. Légèrement plus de temps pour nous faire comprendre au restaurant du premier soir. Encore plus de temps pour récupérer une paire de chaussure qui manquait, et qui n’arrivera jamais. (No Stress, il y a de super shops à Irkoutsk, remplis de Boots Lange et de skis Dynastar).

Un peu d’acclimatation au froid ambiant, le temps aussi d’amortir le décalage horaire, nous avons rejoint notre petite vallée, et notre cabane dans la forêt ! Un confort tout relatif, mais l’essentiel à disposition pour profiter au maximum du spot. Des lits dignes des bons refuges de nos Alpes, un poêle entretenu à la Russe (chauffé à blanc), un Sauna au bord du ruisseau pour la toilette hebdomadaire, un peu de vodka assortie de cornichons et zou !

Pour bien comprendre ce qui nous a poussé à aller jouer là-bas, il faut savoir que cette petite vallée, jouit d’un microclimat tout particulier. Dès Novembre, et jusqu’au début du mois de Janvier, il neige sur Mamay des mètres de neige. Parfois plusieurs par semaine. Et sur les massifs alentours, rien. Et du vent, point. Puis, le froid faisant front, le soleil ne parvient pas à réchauffer toute cette neige qui reste légère, douce, profonde durant des semaines entières. Pour notre plus grand plaisir nous sommes arrivés juste après Noël avec le début de la belle période de beau temps qui reste sur le secteur jusqu’au mois de Février. Au menu donc, 10 jours de grand beau (et grand froid), avec un massif couvert d’une neige parfaite. Chaque matin, une fois nourris, habillés et mentalement préparés à sortir, nous avons skié à la carte, entre sommets dégarnis et forêts aérées, entre couloirs dégagés et clairières ensoleillées.