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La fin du confinement
10.07.2020 - Aventure

La fin du confinement

Après près de trois mois à ne pas pouvoir s’éloigner de chez soi à plus d’un kilomètre et lorsque la France a décidé qu’il était désormais possible de se déplacer plus librement et mieux encore, de pouvoir aller les montagnes, j’ai ressenti un sentiment de liberté incroyable ! Le fait de pouvoir se rendre en montagne était la chose plus importante pour moi et je me suis senti comme un enfant qui voulait tout acheter dans un magasin de bonbons.

 

 

 

Durant mes courtes sorties pendant le confinement j’apercevais la crête du Mettrier sur la face nord du Dôme de Miage, un 1000m sinueux, recouvert de neige et de glace, qui mène du glacier de Miage à la crête sommitale du Dôme de Miage. Un itinéraire sans assistance mécanique et avec une longue approche et descente, mais qui commence à seulement 5 minutes de chez moi. L’aventure parfaite avec la possibilité de descendre le glacier de l’Armancette à skis plutôt qu’en marchant et l’opportunité de mettre en pratique toutes les compétences d’alpiniste qui sommeillaient en moi depuis trois mois.

 

 

 

Short et sacs à dos bien chargés, nous nous sommes lancés sur le long chemin qui mène au chalet de Miage et au refuge du Plan Glacier, ce qui nous a pris 5 heures. L’approche a été l’une de ces grandes randonnées qui commencent dans la forêt et se finissent sur un terrain alpin en altitude, en passant par toutes les étapes de végétation intermédiaires. Nous sommes arrivés au moment du coucher de soleil sur les Aravis, c’était magnifique avec une superbe vue sur la route à prendre les prochains jours. Thé chaud, petite collation, quelques heures de sommeil et nous voilà repartis à 3h00 du matin. En entament la descente chaussure de ski au pied et skis sur le dos nous avons trouvé un glacier tellement gelé que nous nous sommes encordés et nous avons laissé les skis sur nos sacs.

 

 

 

 

En montant les pentes enneigées, nous pensions trouver des traces mais ce n’est qu’en traversant le Bergschrund que nous avons en avons trouvé des vieilles. Le fait de se déplacer avec 2 piolets chacun nous a permis de monter de façon régulière et efficace pour gagner le sommet de la crête juste avant l’aube. Le voie à suivre s’ouvrait devant nous de manière tout à fait claire : tout droit jusqu’au sommet de la crête de neige, nécessitant parfois l’utilisation de nos 2 piolets, parfois aucun, ce qui nous permettait de reposer un peu nos mollets. 

Quelques marches rocheuses étaient apparues hors de la neige à cause du temps chaud des derniers jours. Une petite pause avec un peu d’eau toutes les heures nous ont permis de profiter du paysage et de nous extasier devant ce versant du Mont Blanc qui nous appartenait pour quelques minutes. La dernière section de la crête sommitale s’est révélée un peu plus raide. Comme souvent sur les terrains escarpés, nous avons ralenti ce qui nous a permis de profiter d’une sensation de liberté et d’infinité de l’espace, que l’on ressent fréquemment en haute montagne.

 

 

Nous avons pris une grosse pause pour s’hydrater au Col du Dôme, à l’endroit où la route classique de la cabane des Conscrits (pas encore ouverte à ce moment-là) rejoint la crête, puis nous avons poursuivi la traversée classique des Dômes avec une vue imprenable sur le Massif du Mont Blanc d’un côté et les chemins menants aux Ecrins et à La Grave de l’autre. Nous sommes arrivés au sommet à 9h30 et avons sorti notre réchaud pour profiter d’une tasse de thé en attendant que la neige fonde un peu. C’était tellement agréable que je me suis presque endormi, allongé sur mon sac.

Au fur et à mesure que le temps passait, nous pouvions voir des nuages se former, annonçant une tempête dans l’après-midi. Nous avons décidé de descendre à skis même si à 11h00, alors que la neige qui était exposée au soleil toute la journée aurait dû commencer à fondre, elle était dure comme de la roche. Ce qui normalement aurait dû être une descente raide mais plutôt simple, se révélait très sérieuse, avec un risque avéré de chute sur plusieurs mètres. Nous devions faire attention à chaque virage et skier avec la butée avant des fixations verrouillées était obligatoire pour ne pas prendre le risque de perdre un ski, ce qui aurait été dramatique. Malgré ces conditions de skis difficiles, c’était toujours mieux que de marcher. Lorsque nous avons atteint 3000m, la neige s’est ramollie et nous avons pu faire nos virages dans la neige printanière jusqu’aux fleurs sauvages.  

Après 3 mois de confinement, je pense qu’on ne pouvait pas mieux finir la saison !